02 mars 2007

Evolutions a Biya, instabilites au Nepal

Le 1er mars

[debut de semaine prochaine, albums photos "Seances sports Pushpa" "Kalimati a Biya" et "Ateliers". Et merci beaucoup beaucoup pour vos commentaires qui donnent du coeur a l'ouvrage]

Evolutions a Biya, instabilites au Nepal

Depuis tout ce temps ou je n'ai donne que des bribes de nouvelles des jeunes de Biya, de nombreuses evolutions se sont produites. Tout d'abord, le foyer a enregistre quelques departs et arrivees. J'avais deja fais part de l'insertion professionnelle et de la reintegration familiale de Rabi (16 ans). Il n'est pas inutile de le feliciter a nouveau, et de remercier tout le staff, benevoles, parrains et sponsors d'APC qui ont contribue a cette grande reussite puisque Rabi a ete soutenu depuis de nombreuses annees par les differents programmes de l'association.

D'autres reussites, a suivre aussi bien entendu, sont le retour de Nabin (12 ans) et de Himal (12 ans) dans leur familles. Kalimati puis Biya ont permis a ces 2 enfants de ne pas s'enfoncer dans la rue, de suivre des cours, de reprendre confiance en eux et de renouer petit a petit les liens familiaux. D'autres jeunes sont arrives en provenance de Kalimati : Jiwan (13 ans) et Biré (14 ans) nous ont rejoint depuis bientot un mois; Jiwan suit les cours individualises de Miss Laxmi tandis que Biré débute depuis peu la formation menuiserie. Nous avons accueilli Santos (9 ans) il y a environ deux semaines et son integration se passe d'autant mieux qu'il s'est de suite trouve un complice de jeux de tres haut niveau en la personne de "Moussa", le petit Sunil. Depuis trois jours, Ramesh (11 ans) nous a egalement rejoint. Par contre, Bibèk (10 ans), arrive en meme temps que Jiwan et Biré, est parti au bout d'une semaine. Apres recherches, il s'avere qu'il est alle dans une autre ONG (pardon j'ai oublie le nom). Ce genre de "zapping" entre les associations entrecoupe de passages dans la rue est un des commportements caracteristiques des enfants des rues. Et Bibèk n'en serait pas a son coup d'essai, surtout que sa petite tete d'ange a du l'habituer a etre particulierement persuasif aupres des touristes.

Du cote des departs, ceux de Binod ("Dark Vador") et de Bikram sont beaucoup moins rejouissants que ceux d'Himal, Nabin et Rabi. Apres de multiples mises en garde, Raju le manager a decide d'un commun accord avec le staff de les renvoyer dans leur famille, en leur demandant de bien reflechir si ils etaient prets a revenir, avec tous les efforts que cela représente. En fait, une ou plusieurs fois par semaines, Binod et Bikram se defoncaient la tete a la colle. Ils decouchaient, revenaient la tete en vrac et faisaient comme si de rein n'etait. Or, une des regles pour vivre a Biya est certes de ne pas consommer de colle a l'interieur du foyer, mais aussi de faire en sorte de s'en detacher. Lorsque des jeunes en prennent mais que cela releve plus de replongees occasionnelles, bien entendu nous tolerons puisque la desontoxication est longue et puisque leur fragilite affective implique ces reprises chroniques. Dans le cas de Binod et de Bikram, leur consommation de colle montrait que leur motivation pour les formations professionnelles et pour chercher a sortir de la rue etait tres faible. Comme a cela s'ajoutaient la consommation quotidienne excessive de majijuana, des retards tres frequents pour les formations, etc; et que la suppression de leur argent de poche hebdomadaire ou les exclusions des formations en cas de retard important ne les affectaient pas le moins du monde, il n'etait plus possible de tolerer ces comportements, de chercher a accrocher ces jeunes sans mettre en danger la credibilite des regles et du staff aupres du reste du groupe. Binod et Bikram devaient donc rejoindre leur famille. Ce qu'ils ne firent pas, et ce que d'ailleurs ils n'avaient pas fait depuis plus d'un mois alors que chaque samedi ils nous garantissaient qu'ils allaient leur rendre visite. Depuis, tres peu de nouvelles, si ce n'est qu'ils sont passes une ou deux fois a Kalimati.

L'atelier menuiserie connait egalement son lot d'evolutons. Le depart de Gilles n'a pas ete entraine dans le mois qui a suivi de demotivation majeure ou d'une degradation majeure du fonctionnement de l'atelier, ce qui prouve si besoin etait que le travail de Gilles a bien porte et que son choix de former Bouddha etait judicieux. Pour que justement Bouddha puisse faire mieux qu'entretenir les apprentissages acquis par les jeunes et leur offrir la meilleure formation possible, il suit actuellement plusieurs heures de formations pratiques et theoriques chaque jour. A l'atelier de Biya, une grande armoire a casier est sur le point d'etre terminee par Sunil, Binod, Lalu ainsi que par Akash et Biré. Akash est en effet revenu en formation interne car dans le workshop on lui demandait toujours la meme chose. Nous savions que son souhait d'aller en entreprise etait premature mais nous lui avions laisse le realiser. C'est donc tres positif qu'il revienne de lui-meme completer sa formation. Apres l'armoire qui permettra aux enfants d'avoir un casier pour ranger leurs vetements, nos apprentis se mettront a la fabrication de lits-doubles destines a occuper chacune des 4 chambres.

Quant a l'atelier mecanique, il suit son cours et Ajit a rejoint Ramesh, Prakash et Bishnu. Bhuwan va desormais rediger un rapport mensuel sur les apprentissages et techniques acquises par chacun et sur ses objectifs du mois a suivre, cela afin de lui permettre de prendre un peu plus de recul sur sa pratique pedagogique.

A l'ecole de Biya, Miss Laxmi est tres satisfaite du travail du petit Sunil qui pourra peut etre dans le futur rejoindre l'école publique que frequente actuellement le petit Raju. Elle doit etre soulagee de n'avoir Ajit plus que 2 heures par jour tant son manque de motivation et ses turbulences lui rendaient la tache difficile. Nous cherchons egalement des moyens concrets de valoriser les efforts de comportements et d'apprentissages pour faciliter et rendre plus efficace le travail de Laxmi, travail au combien delicat : susciter des efforts soutenus (discipline, concentration) a ces enfants modeles par les dures libertes de la rue.

Prabin et Basanta sont toujours reguliers dans leur formation mecanique en workshop (si vous avez une idee pour une traduction precise et equivalente, je suis preneur). Ils sont aussi plus ponctuels, le changement de cuisiniere n'y etant pas pour rien. Quant au grand Raju, Pradip et Dinesh, ils vivent desormais dans une chambre que APC leur loue pres de leurs workshops. Ils ont emis eux-memes le desir de s'emanciper un peu, desir qui correspondait tout a fait aux preoccupations du staff et que nous avions cherche a susciter tant ces trois grands doivent se prendre en charge et tant la gestion des differences d'age devenait malaisee. En effet, malgre les garanties selon lesquelles les petits etaient leurs "petits freres" et que c'etait pour cela qu'ils leur demandaient des services, malgre l'approbation des petits qui disaient devant les grands etre tout a fait d'accord; nous avions vent de plaintes de certains petits par rapport au comportement de ces grands a leur egard. Ne pouvant pas etre toujours derriere les jeunes, difficile d'avoir des certitudes, de bien proteger les petits sans que cela passe pour de la defiance aux yeux des grands. Ce point etait particulierement delicat tant la sensibilite, la susceptibilite des grands reste enorme en depit de leurs grands airs. Enfin, la carrure physique de Raju et Dinesh risquait de poser probleme en cas de bagarre et commencait a leur donner une impression de toute puissance. Et puis pour ces jeunes de 18-19 ans, il etait clairement et logiquement de plus en plus emmerdant de devoir respecter les contraintes de la vie en collectivite, de devoir respecter les memes regles que des petits de 9 ans. Cependant, leur comportement global, loin d'etre irreprochable, etait tout a fait appreciable au regard de leur passe et de leur capacite de nuisance. Leur attachement a la structure a fait trainer leur decision. On les comprend. Prendre une chambre, c'est un peu sauter dans l'inconnu, rejoindre un ailleurs qu'ils ne connaissent pas vu qu'ils n'ont connu que la rue et APC, c'est un peu entrer dans une societe qui les maltraitait et leur donnait le statut d'infames affamés. On comprend donc que les premiers soirs leur consommation de colle ait ete abusive tant ils devaient se sentir seuls. Pourtant, les garder au foyer reviendrait a tout sauf a leur rendre service. La realite qui les attend est dure, sans les effrayer il ne faut pas la leur cacher. Raju, Pradip et Dinesh restent dans le programme Biya, tant qu'ils n'ont pas de salaire par leurs patrons APC leur procure logement et nourriture, mais aussi repere affectif puisqu'ils viennent regulierement au foyer laver leur linge, se laver, jouer avec les autres, discuter avec nous, etc. Pour l'instant, ils ont du mal a etre reguliers au travail, c'est pourquoi Herve et Raju leur ont donne 15 jours pour s'y remettre serieusement. Bien sur que si ce n'est pas le cas nous trouverons un moyen de ne pas les laisser retomber dans la rue mais sans que notre assistance devienne une dependance, en faisant en sorte qu'ils comprennent la necessite vitale de se prendre en charge.

Une autre evolution majeure qu'a connu Biya, et dont j'avais deja touche mot, est l'arrivee de Pushpa, l'educateur sportif qui a integre le staff en faisant de Biya son domicile. Raju partage desormais sa chambre avec lui. L'apport de Pushpa au niveau des activites sportives sur le long terme est essentiel et son investissement dans la vie du foyer est inestimable. Pushpa etait un enfant des rues, il a connu de nombreuses associations et foyers, aujourd'hui il est professeur de foot pour le Garuda Club dans lequel il est aussi joueur, il est etudiant en journalisme a l'universite (ou il ne met certes les pieds que pour les examens, mais bon comme beaucoup d'etudiants de part le monde et tout particulierement au Nepal), il est n°2 ou 3 nepalais en taekwando et donc maintenant educateur a Biya. L'exemple qu'il donne aux enfants est le meilleur possible, sa connaissance des enfants et son experience du fonctionnement des foyers apportent des competences nouvelles au staff en plus de soulager Raju.

Pour parler du sport en particulier, il a tout de suite fait siens les objectifs educatifs que j'avais mis en pratique, a savoir ameliorer le rapport aux regles et les capacites de concentration. Pour animer les seances a ses cotes, je peux affirmer qu'il fait en sorte de lier les situations, les contraintes montrees par le sport a celles des apprentissages et de la vie de tous les jours. Ses seances de taekwando pendant lesquelles les enfants sont en rang et doivent suivre les commandes pour realiser differentes prises sont des moments de pur bonheur pour moi tant elles sont pertinentes et tant les enfants adherent. Il a su egalement reprendre l'organisation hebdomadaire des seances sportives qui differencie les moments de "travail" et ceux de "divertissmenent". Ainsi, chaque semaine a un sport principal – foot, taekwando en priorite; judo ou volley sinon – qui compte 3 seances de "travail". A la fin de chaque seance ainsi que le jeudi, du badmington, du rugby, des jeux nepalais (je raconterai une prochaine fois) sont pratiques dans la seule optique de l'amusement. De cette facon, les activites sportives ont une reelle portee educative tout en s'adaptant aux enfants, a leur energie farouche et debordante, a leur cote refractaire a tout regle. Ainsi, Julien, etudiant en Master de managment sportif ou un truc du genre, a pu faire profiter aux enfants et a Pushpa de ses competences d'educateur de judo en mettant en place 3 seances de judo, en initiant Pushpa et moi et en nous laissant bientot des fiches techniques et pedagogiques qui permettront a Pushpa de pouvoir continuer seul l'initiation au judo. En plus, il a de magnifiques photos et videos de seances sportives dont il devrait bientot pouvoir nous faire profiter. Je sais que t'a beaucoup de boulot Julien, mais si t'as resiste a la tourista nepalaise un matin a 7h30 apres une seance de judo, je suis sur que tu peux faire ca.

Enfin, samedi 3, nous irons feter la Holi a Basantapur (le quartier historique de Katmandou) en rejoignant les enfants de Kalimati. La Holi est une fete religieuse, et donc sociale, qui rappellerait des exploits de Krishna, en particulier lorsqu'un jour il surprit ses bouvieres en train de batifoler (le Lonely s'arrete la, a vous de voir le lien). Normalement a cette epoque de l'annee, la saison seche est avancee et il commence a faire chaud – normalement car cette annee apres la neige il y a 15 jours (1ere fois depuis 62 ans dans la valle de Katmandou) nous avons parfois de la pluie et souvent du froid. Ainsi, l'eau dont les gens s'aspergent les uns les autres est censee evoquer la mousson. Holi est donc la fete de l'eau et aussi des couleurs, puisque ce ne sont pas seulement des bagarres d'eau qui ont lieu, mais des bagarres de poudres et d'eau teintee. Vu comment les enfants de Katmandou ont deja joyeusement debute ces bombes a eau depuis une semaine, je pense que ce devrait etre assez hallucinant. Cela fera beaucoup de bien aux enfants. Et aux nepalais en general. Car tellement chaotiques sont leurs conditions de vie et de survie pour beaucoup, et leur route vers un systeme politique qui en finirait definitivement avec la monarchie, le conflit maoiste et l'oppression du systeme des castes (je sais pour le dernier en particulier je reve).

En effet, la vie est rythmee par les coupures de courant (desormais 50h par semaines, avec calendrier des coupures par quartier), greves, manifestations et blocages, sans parler des violences encore perpetrees par des maoistes, du decalage burlesque entre le nombre de combattants maoistes (30 000) et le nombre d'armes remises a l'ONU (3 000 !) et des incertitudes pesant sur la tenue des elections mi-juin. Les revendications basees sur l'appartenance ethnique ou/et de castes se multiplient partout, notamment dans le Terai. Le Forum des Droits du Peuple Madhesi a pris la tete du mouvement qui secoue et bloque regulierement la plaine du Terai depuis mi-janvier, et dont les heurts ont deja coute la vie a une trentaine de personnes. En fait, les Madhesis sont les habitants originels de la plaine meridionale du Nepal qui depuis l'eradication de la malaria dans les annees 70 n'a cesse d'attirer les habitants des moyennes montagnes a la recherche de terres cultivables. L'identite "Madhesi" s'est forgee et exacerbee ces dernieres annes contre les "Pahadesi", les gens des montagnes. Soumis a l'oppression qui va avec le statut des basses castes, les Madhesi ont mis en marche un mouvement qui reclame des droits fondamentaux en meme temps que ses membres les plus extremistes se retournent violemment contre les Pahadesi (magasins brules, biens saccages, enlevements etc), bien que la plupart de ceux ci soient des descendants d'immigrants ou soint installes (maisons, cultures, commerces,etc) depuis des dizaines d'annees. Les revendications vont de la garantie de representation a tous les etages de l'Etat au droit a l'autodetermination, en passant par une structure federale, un systeme electoral totalement proportionnel (ils pensent y avoir interet en tant qu'une des communautes "ethnie-caste" les plus importantes du Nepal), la demission du Ministre de l'Interieur (rendu responsable de la repression des forces de police), l'elevation des victimes au statut de martyrs et par l'indemnisation substantielle des familles de victime. Le 1er Ministre leur a garanti par adresse a la Nation 49% des sieges dans la future assemblee constituante (systeme quasi-proportionnel a l'exception des regions isolees), un systeme federal, une representation assuree dans la fonction publique et des indemnisations. Il ne peut sacrifier son Ministre de l'Interieur, un de ses allies et piliers majeur du gouvernement comme des accords de paix. Il ne peut non plus ouvrir la porte a l'eclatement du pays en regions independantes. Pourtant apres 10 jours de suspension des blocages suite a l'annonce du 1er Ministre, le Forum a relance son mouvement. Il faut savoir que, le Nepal etant a 100% dependant de l'Inde pour le gaz, le petrole notamment et presque totalement dependant de sa frontiere sud (la seule en plaine) pour toutes ses importations, les greves, blocages de routes et de douanes paralysent le pays en tres peu de temps et rendent l'acces a l'essence et gaz tres difficile voir impossible.

Ce serait trop simple si la situation s'arretait la. La Federation Nepalaise des Nationalites Indigenes a a son tour lance des "bandha" (mouvements de greves, blocages et manifestations) partout dans le pays pour reclamer principalement un systeme federal garantissant l'autonomie pour les groupes ethniques ainsi qu'un systeme electoral totalement proportionnel. De plus, les Maoistes continuent a manifester et lancer des greves tres regulierement partout dans le pays. Ainsi, dans la vallee, les greves et manifestations ponctuent les semaines au rythme d'une tous les 2 ou 3 jours. En plus, les "bandha" (traduisible par "fermeture") ont pour fonctionnement de ne laisser aucun choix aux commercants, microbus, rickshaws, taxis, etc quant a l'exercice de leur metier. Dans la vallee, les commercants ont encore une marge de manoeuvre car ni maoistes, ni Forum des Madhesis, ni Federation des Indigenes ne dominent la situation au point d'exercer de violentes coercitions, meme si celles-ci existent. Par contre, dans le reste du pays, les bandhas paralysent les locaux par la peur, et de facon recurrente des clashs opposent les locaux aux maoistes ou Madhesi, et desormais de plus en plus Madhesi contre maoistes. Et lorsque l'association des entreprises et commercants d'un district a voulu s'elever contre toute cette agitation qui greve leur activite, elle n'a rien trouver de mieux que d'organiser... une "bandha" ! Tout en soutenant la demarche d'emancipation de toutes les franges de la population soumises socioeconomiquement par les systeme des castes, tout en comprenant leur mefiance a l'egard de l'Alliance au pouvoir, il me parait dommageable d'augmenter a ce point l'instabilite du pays qui a deja tant de mal a organiser les elections, et judicieux de laisser l'assemblee constituante regler ces problemes de fond. Car derriere ce bazar restent le Roi et l'Armee qui ne souhaitent que l'instabilite la plus totale pour refaire un coup de force. Quant aux maoistes qui ont cantonnes leurs combattants suite a l'accord de paix, ils sentent qu'ils perdent le controle de la situation au moins dans le Terai. Alors qu'ils refusaient jusqu'a present d'entrer au gouvernement interimaire, ils font tout pour que ce soit le cas ces prochains jours. Et en meme temps ils violent l'accord de paix en laissant nombre de leurs combattants sortir des camps, au pretexte partiellement fallacieux de mauvaises conditions de vie (attestees par l'Onu alors que le gouvernement a alloue les memes sommes que pour l'Armee...) et plus surement pour reoccuper le terrain. Et le peuple, au milieu de tout ca, a vu au moins 50 000 de ses enfants deplaces et autour de 10 000 devenir soldats chez les maoistes. J'arrete la car plus besoin d'en jeter. L'avenir proche et moyen termes du peuple nepalais asservi au present est donc d'une precarite a faire rougir le Medef francais. Mais a moins que les identites ethniques ne le fassent eclater, le mouvement de liberation est en marche.

Holi tombe donc a point nomme pour offrir un peu de detente aux nepalais et a leurs enfants. Autant ce peuple est grand, admirable pour sa capacite a tenir bon, a garder le sourire et le calme, a accueillir chaleureusement, a partager, a maintenir les solidarites familiales, etc dans ses conditions de survie. Autant il a des responsabilites dans la situation actuelle : patience, capacite a prendre son temps, croyances et superstitions qui confinent a la placidite et au fatalisme le plus anesthesiant ; situation des femmes, des enfants, violence economique et sociale des castes, violences du mari sur son epouse, violences de chacun sur l'autre plus faible, "l'inferieur". L'enfant des rues qui bat le chien. L'enfant des rues qui partage avec vous le gateau que vous lui avez achete. Tout dans un et un dans tout.

Le Nepal, c'est un peu ces contrastes tellement emmeles qu'ils n'en sont plus, ces melanges qui saisissent les emotions de leurs expressions les plus delectables a celles les plus revoltantes. Ici on se sent entraine a plus et mieux apprecier les cadeaux de la vie, a accepter l'infini complexite tout en etant toujours plus curieux de la comprendre et toujours plus decide a la modifier. Les forces, les effluves, les chocs entrainent a endosser l'humilite du "un" dans le "tout", a assumer les responsabilites du "tout" dans le "un" et a honorer la chance que nous avons d'avoir prise sur nos vies en la devorant avec gourmandise tout en la donnant avec passion.

Posté par bertrandmidol à 09:44 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Evolutions a Biya, instabilites au Nepal

    Merci

    Merci Bertrand pour ce texte très intéressant qui permet de suivre les cas particuliers dans un contexte global.
    Tu as un talent journalistique

    Bonne continuation

    Gilles

    Posté par Gilles, 03 mars 2007 à 15:54 | | Répondre
  • Merci

    Merci à toi Bertrand de nous faire part de ton expérience, très intéressant et touchant.
    Hugues du groupe "sano biroua"
    J'espere que l'on aura l'occasion de se rencontrer en avril à l'atelier Biya.
    Bon courage et bonne continuation.
    ps: je confirme pour le talent journalistique

    Posté par Hugues, 09 mars 2007 à 12:07 | | Répondre
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